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5% de signalements médicaux : une « évidence » sans preuve

  • Photo du rédacteur: Laurent Puech
    Laurent Puech
  • il y a 5 heures
  • 2 min de lecture

Avec Christophe DAADOUCH, nous avons vérifié la valeur d'un pourcentage qui circule depuis longtemps : 5% des signalements "seulement" proviendraient du secteur médical.

Mais d'où vient ce chiffre, et quelle est la valeur réelle par rapport à celle que certains (souvent des "protecteurs" prêts à faire feu de tous bois pour vendre leur cause) lui attribuent ?


Vous pouvez consulter l'intégralité de l'article via le lien :


Vous pouvez aussi lire ci-dessous la synthèse de cet article produite par Chat GPT et complétée par me soins :


Depuis plusieurs années, le chiffre selon lequel les médecins ne seraient à l'origine que de 5 % des signalements d'enfants en danger est repris comme une évidence dans les rapports, les médias et les débats publics. Il sert régulièrement d'argument pour affirmer que les médecins signalent trop peu et qu'il faudrait donc affaiblir le secret professionnel ou instaurer une obligation de signalement.

L'article montre que cette affirmation repose sur une construction beaucoup plus fragile qu'il n'y paraît.

La première étape consiste à rechercher la source originelle de ce « 5 % ». En remontant la chaîne des citations, on constate que les références se renvoient les unes aux autres depuis...2002 sans jamais conduire à une démonstration solide. Le chiffre est progressivement devenu une vérité admise par simple répétition plutôt que par validation scientifique.

L'analyse révèle ensuite que les données disponibles ne permettent pas de soutenir l'interprétation habituellement faite. Les statistiques mobilisées portent sur l'origine administrative des informations préoccupantes ou des signalements, et non sur le nombre de médecins confrontés à des situations de maltraitance ni sur leur comportement professionnel. Assimiler « 5 % des informations proviennent du secteur médical » à « seulement 5 % des médecins signalent » constitue donc un changement de signification injustifié.

L'article met également en évidence plusieurs biais de raisonnement qui entretiennent cette croyance : confusion entre une catégorie statistique et la réalité qu'elle est censée représenter, transformation d'un indicateur descriptif en jugement sur les pratiques professionnelles, disparition progressive des précautions méthodologiques au fil des reprises successives.

Au-delà de la question statistique, cette analyse interroge la manière dont se construisent certaines politiques publiques. Lorsqu'un chiffre insuffisamment fondé devient un argument central pour justifier une évolution législative, le risque est de modifier durablement le droit sur la base d'une représentation erronée de la réalité.

L'article invite ainsi à revenir à une démarche de vérification des sources et de prudence épistémologique. Avant de conclure que les médecins signalent insuffisamment ou d'en déduire la nécessité de restreindre le secret professionnel, il est indispensable de s'assurer que les données mobilisées mesurent réellement ce qu'on leur fait dire.

En définitive, la question n'est pas de savoir si le signalement des situations de danger peut être amélioré — il peut certainement l'être — mais de refuser que le débat repose sur un chiffre dont la valeur démonstrative apparaît largement surestimée. Un argument fréquemment répété n'acquiert pas pour autant le statut de preuve.


N'hésitez pas à lire l'article complet et les données qu'il contient !


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